mercredi 13 janvier 2010

incantations de la DG attention danger

Tous les agents publics de Pôle emploi sont en train de recevoir une lettre de la direction. Ce courrier nous informe de la possibilité de faire jouer notre droit d’option à partir du 01 janvier 2010. Il est important de clarifier la situation : rien ne presse, le droit d’option est possible pendant deux ans et si des collègues décident d’opter pour la CCN – ce que déconseille la CGT – il faut vraiment auparavant avoir pesé le pour et le contre. D’autant plus que le retour au statut public sera impossible.

Il est donc urgent d’attendre avant de répondre quoi que ce soit à cette proposition, puisque des éléments fondamentaux tels que la classification des emplois, l’organisation du temps de travail, la formation, l’évaluation, les activités sociales (liste non exhaustive) sont exclus de cette CCN, qui n’est en fait qu’un squelette de CCN, à laquelle on nous propose d’adhérer.

La proposition qui nous est faite est valable deux mois, pourquoi ? Va-t-on nous faire une proposition à la hausse, à la baisse plus tard ? Le dernier paragraphe du courrier du DG est très inquiétant en la matière lorsqu’il précise qu’une nouvelle proposition nous sera adressée en prenant en compte la situation qui sera la nôtre au moment de la nouvelle demande…

L’information qui nous est fournie est incomplète sur certains points. Ce courrier est carrément mensonger, allant même jusqu’à dire qu’il n’y aura aucune incidence sur la situation professionnelle.
Le directeur général oublie notamment de dire que dans la CCN la mobilité forcée existe. Un salarié de droit privé peut être déplacé pour raison de service et même si une indemnisation éventuelle de cette mobilité est prévue, c’est bien de mobilité forcée dont il s’agit.
Le nouveau lieu de travail imposé peut se trouver plus éloigné, jusqu’à 40 km supplémentaires ou 60 minutes aller et retour, sans que l’agent puisse s’y opposer.
Au-delà de la rédaction approximative de l’article concernant la prime, comme de bien d’autres, on peut en déduire sans se tromper qu’il n’y aura pas

INCANTATIONS DE LA DG
ATTENTION DANGER…




de limite à la mobilité forcée, et ce, avec ou sans prime ! Il est clair par contre que cette dernière ne sera versée qu’une seule fois !

Quant à la mobilité choisie les chiffres parlent d’eux même : en 2008 1,35% des salariés Assedic ont obtenu une mutation, quand pour la même période 9,35 % des agents ANPE obtenaient leur mutation (chiffres issus du bilan social 2008).

Pour le temps partiel même situation : ANPE : 31,6% de temps partiel en 2008 contre 13,6% aux Assedic (source bilan social 2008). Il ne faut pas oublier que côté public un temps partiel à 80 % est payé 85,7%, un 90 % est payé 91,6%…

En faisant le choix de la CCN, l’évolution professionnelle est forcément impactée puisque il n’y a plus d’avancement automatique à l’ancienneté ; il ne faut pas négliger le rendement financier de cette évolution. Les pourcentages de gains indiciaires garantis s’entendent hors carrière exceptionnelle.

Niveau I c’est 68% en 29 ans, niveau II c’est 67% en 28 ans, niveau III c’est 78% en 31 ans, niveau IVA c’est 64% en 28 ans, niveau IVB c’est 75% en 24 ans, niveau VA c’est 80% en 24ans.

Ce que nous propose la CCN c’est 27,5 % en 25 ans pour tout le monde. En outre la proposition de repositionnement est tronquée car calculée en salaire annuel brut (contrairement à ce qui est écrit dans la CCN), il serait donc possible d’avoir une baisse de rémunération mensuelle puisque calculée sur 14,58 mois au lieu de 12 mois. Donc attention ! Des avances sur les primes permettront de ne pas perdre mensuellement lors de la première année, mais cela ne sera plus le cas les années suivantes !
L’attrait financier peut paraître intéressant, mais cela se discute et doit être regardé à la loupe !

Très grave aussi, et cela a une très grande conséquence sur l’évolution professionnelle : le niveau II actuel du statut public permet aux agents de dérouler une carrière en passant du premier indice 308 au dernier indice 514 de manière automatique à chaque avancement, à l’ancienneté. Dans la CCN, il y a trois grades qui découpent ce niveau, avec un parcours d’obstacles pour passer éventuellement de l’un à l’autre !

Petit aparté qui n’est pas essentiel par rapport à tout le reste mais qui mérite d’être souligné : ce courrier nous a été envoyé en recommandé, a pu éventuellement nous angoisser étant donné les situations financières de certains d’entre nous, alors que par ailleurs la direction n’arrête pas de vouloir faire des économies sur le dos des agents et des usagers.

Sur le fond, il est essentiel de retenir qu’à ce jour rien ne dit que ce qui est proposé perdurera : la CCN sera revue dans moins de trois ans et l’avenir de Pôle emploi est loin d’être d’une stabilité à toute épreuve !
Selon les options politiques qui seront retenues, il n’est pas assuré que cette institution gardera 45.000 agents…

Il n’y a pas photo entre la protection de l’emploi par le statut public et la CCN : le recours au licenciement individuel est beaucoup plus fréquent et utilisé dans le droit privé (hors procédures « amiables ») et de façon beaucoup plus expéditive que dans le statut public. C’est bien ce qui a conduit le directeur général à refuser d’étendre la garantie de l’emploi, mais aussi les procédures du droit public en matière de conseil de discipline, aux salariés de droit privé dans la CCN.
C’est extrêmement inquiétant. En 2008 (toujours selon le bilan social remis au comité central d’entreprise), un seul licenciement pour motif disciplinaire à l’ANPE; pour 349 salariés de l’assurance chômage licenciés (73 de plus qu’’en 2007) ! Cette augmentation est inquiétante !
Des précisions ont été demandées, pour l’instant sans réponse, afin de déterminer la part de « licenciements négociés », mais de toute façon, quelle que soit la réponse la proportion de licenciements reste beaucoup plus importante côté privé !

Notre emploi est un ensemble qui ne peut se découper en plusieurs tranches. La rémunération en est bien évidemment un élément fort puisque c’est par ce biais que passe la reconnaissance de nos qualifications et de notre travail. Indépendamment du fait que nous ne serons pas forcément gagnant en la matière, il est important d’insister sur le fait que notre statut d’agent public ne se brade pas ainsi.
En effet, c’est grâce à la protection statutaire que nous possédons une certaine liberté de parole vis-à-vis de notre hiérarchie et que nous pouvons résister aux pressions sur certains axes professionnels (radiations par exemple). Les collègues sous statut privé nous envient cette possibilité d’expression et cela pèse dans la balance pour garder ou non notre statut.

De fait, le gain s’arrêtera à la prime d’ancienneté ; d’accord nous en avons tous besoin et envie. Cela étant soulignons au passage que rien ne garantit que cette prime perdure lors des nouvelles négociations. Cela impliquera le gel pour tous ceux qui ne l’aurait pas perçue et aucune prime pour qui ne l’aurait jamais obtenue !
De plus rappelons que l’allocation vacances (appellation exacte du 14 ème mois) peut disparaître elle aussi lors de nouvelles négociations puisque ce n’est justement pas un 14 ème mois !
Si toutes ces projections non garanties dans le temps et présentées de manière faussées doivent être obtenues au prix de ne plus pouvoir s’exprimer, être obligé d’obéir à tout, avoir des incertitudes sur notre devenir, etc. La question se pose en grand !
Prenons le temps de faire les comptes – et pas uniquement financier - de ce que nous pourrions gagner et de ce que nous perdrons à coup sûr.

En complément, florilèges du directeur général lors d’une réunion le 7 décembre :
« Vous avez raison de dire que le statut de 2003 donnait une visibilité plus grande sur les évolutions de carrière »
« Côté de la convention collective il y a quand même une visibilité assez forte, mais c’est vrai que c’est moins cadré »
« Vous avez raison de dire qu’effectivement c’est le jugement du manager qui aura un rôle sur l’évolution professionnelle »
« Si le chômage se réduit, on réduira le recours à la sous-traitance. Donc il faut qu’on accepte d’être un peu plus souple sur les effectifs… »

LA CGT VOUS PROPOSE DES REUNIONS D’INFORMATIONS POUR CHOISIR EN TOUTE CONNAISSANCE DE CAUSE ! NE DECIDEZ RIEN AUJOURD’HUI !

Il est donc urgent d’attendre !
Venez vous informez aux réunions que la CGT vous propose,
ne signez rien maintenant !