mercredi 17 février 2010

la direction générale de pôle emploi met les encadrants dans une situation de schizophrenes

Une conséquence de la fusion :

Depuis la fusion l’ensemble des agents de Pôle Emploi, quelques soient leurs origines, ex ANPE, ex AC mais également les agents nouvellement recrutés vivent des situations de tension, de déqualification, de doute et de souffrance que l’enquête « ISAST » à bien confirmée. Personne n’est à l’abri de cette situation et surtout pas l’encadrement !

1°) Une grande partie de l’encadrement mis sur la touche :

Du simple fait de la fusion, nombre d’encadrants qu’ils soient originaires des fonctions Demandeurs d’Emploi ANPE ou AC, mais aussi beaucoup de ceux qui avaient des fonctions dans les Services Généraux, les RH, ou autres ont vu leurs postes disparaitre.

Du simple fait des doublons, triplons voire quadruplons, une grande partie des encadrants se sont trouvés sur des voies de garage, lorsque ce n’est pas carrément au placard.

Il est évident que lorsqu’il y avait près de 1500 sites cumulés entre les réseaux ex ANPE et ex AC, pour n’avoir aujourd’hui que 983 sites mixtes (demain au mieux 860, au pire 640 sites mixtes (chiffres rapport Boulanger), d’ors et déjà plus de 500 collègues qui avaient la responsabilité d’une agence ou d’une antenne se sont vus mis en situation de devoir faire des choix cornéliens sans aucune information réelle sur le contenu, la nature mais aussi l’avenir des postes sur lesquels, ils furent amenés à postuler. Ils ont été mis en situation de « jouer » leur avenir professionnel comme d’autres jouent au loto ou au PMU.

Beaucoup de ceux qui furent mis dans cette situation sont aujourd’hui dans un état de « détresse » ressentent un sentiment d’inutilité qui les amènent à la déprime lorsque ce n’est pas la dépression, voire à hauts risques en termes psychosociaux.

Pour la Direction ces collègues font partie des pertes, et elle n’en a cure ! Peut être les considère telle comme de « simples dommages collatéraux » d’une fusion faite aux forceps.

Toujours est-il que non seulement cela devient un « gâchis » humain, mais aussi une perte de savoir faire, de connaissances, d’expériences qui ne sont pas misent à profit pour rendre un meilleur service aux usagers.

2°) Ceux qui ont conservés leurs responsabilités ne sont pas mieux lotis en bout de course :

Les responsables qui ont conservés leurs postes sont confrontés à des difficultés de toutes sortes.

Ils ont à gérer des groupes de travail composites et n’ont de ce fait qu’une maitrise partielle des activités qui s’effectuent dans leurs « équipes ». De plus, ils doivent en plus gérer les droits individuels et collectifs différents pour les agents dont ils n’ont aucuns moyens d’en connaître l’exhaustivité.

En effet un cadre ex AC, ne maitrise absolument pas les activités de suivi, de placement ou de conseil, mais il doit malgré tout gérer la partie d’effectif qui a en charge ces questions sur son site ! Mais il en est de même à contrario lorsqu’un cadre issu de l’ANPE doit gérer une partie d’effectif de son site issue de l’indemnisation.

Ils se posent à juste titre la question de leur propre crédibilité et de l’appui qu’ils peuvent représenter pour les agents issus de l’autre « monde » que le leur !
Alors qu’avant la fusion, la quasi-totalité d’entre eux avaient acquis l’ensemble des aspects professionnels qui leurs étaient dévolus, aujourd’hui ils ont le sentiment d’être moins compétent, d’avoir régressés professionnellement. Ils sont confrontés à toutes sortes de réclamations des usagers, réclamations sur lesquelles ils sont souvent bien démunis pour apporter une solution.

Personne n’osera nous dire que cela ne peut pas être anxiogène.

Mais il en est de même en termes de locaux !

L’encadrement doit au quotidien gérer des situations en lien avec des locaux inadaptés ou insuffisants lorsque ce n’est pas les 2 à la fois ! Une bonne partie des cadres doivent faire des navettes entre plusieurs implantations dans la même journée ! Une bonne partie d’entre eux doit gérer les problèmes de manque de place assise, de postes informatiques, etc. Ce qui va s’accentuer avec l’arrivée des psychosociaux de l’AFPA.

Que d’énergie et de temps perdus, que d’insatisfactions de multiples formes cela doit engendrer ! Mais ils sont également confrontés au fait de ne jamais pouvoir réalisé une grande partie de leur travail !

Le plus insupportable tient au fait qu’ils n’ont aucune visibilité sur l’avenir. Leur seule certitude c’est qu’il faudra de très nombreuses pour que tous ces problèmes trouvent une solution et cela contribue à leur épuisement.

Il ne reste pour une grande partie d’entre eux qu’à prendre des postures pour pouvoir se donner l’illusion d’un soupçon d’efficacité ! De peur d’être pris en défaut certains exigent que tout transite par eux, même des choses ordinaires, voire dans des domaines dans lesquels ils n’ont aucune connaissance. Non seulement cela les surcharge de travail (parfois inutile) mais en plus cela ralenti la capacité de réactivité de leurs services.

Comment peuvent-ils apprécier la qualité du travail d’agents dont ils n’appréhendent nullement le contenu des activités ? Certains collègues peuvent être compétents mais un peu revêches, si cela se produit dans des domaines d’activités inconnues de l’encadrant, ce dernier risque de se fier plus à « l’attitude » de son subalterne qu’à la réalité de son « empreinte » professionnelle pour l’apprécier, de là des sources de tensions importantes à venir dans les mois prochains !

Beaucoup d’encadrants l’appréhendent, certains craignent d’être à l’origine d’injustice, d’autres par contre risquent de vouloir s’affirmer par des méthodes « autoritaires » faute d’être reconnus pour leurs compétences et encore moins pour le niveau de leurs qualifications.

Pour résumer l’encadrant moyen dans Pôle Emploi, n’a aucun pouvoir de décision en matière de locaux, que ce soit en terme d’implantation ou d’aménagement de son site, mais il n’a pas plus de moyen en terme de formation et d’organisation. Confronté de plus en plus dans le quotidien à des situations d’urgences, il ne dispose que de solution de pis-aller ou d’emplâtre.

Avoir des responsabilités sans avoir les pouvoirs de décisions adaptés et appropriés cela saute aux yeux (mais surtout aux oreilles) cette situation schizophrène est insupportable.

Pour la CGT un redécoupage des activités par nature : placement-suivi-conseil d’un côté et indemnisation de l’autre est indispensable pour permettre aux subalternes de retrouver un soupçon de sérénité, mais il en est de même pour le personnel d’encadrement ! Aussi nous semble t-il que la seule solution raisonnable serait de distinguer de nouveau les lieux de réception et de traitement en fonction de l’objet de la visite du Demandeur d’Emploi. Là, où les sites à « multiples implantations » le permette profitons en pour en dédier l’un aux métiers du placement et l’autre à celui de l’indemnisation. Là, où il n’y a qu’une implantation, scindons « géographiquement » les zones de traitements de l’un et l’autre métier. Ce sera également l’occasion de scinder les activités de l’encadrement afin de lui permettre de retrouver la maîtrise de ses responsabilités et de retrouver « crédibilité » auprès de tous les agents qu’il aura sous son autorité.

Arrêtons les dégâts

Décidément au-delà du concept politique de casse du service public et de la protection sociale qui est à l’origine de la fusion, c’est l’ensemble des agents de Pôle Emploi quelque soit leurs niveaux hiérarchiques et les usagers qui trinquent ! Mais la Direction Générale comme le gouvernement persistent, quitte à faire dans la négation de la réalité des souffrances pour brosser un tableau idyllique de la situation ! Pôle Emploi est l’aboutissement d’une décision politique mise en place par l’actuel président de la République ! De ce fait, remettre en cause cette fusion tant sur ses aspects de fond que de formes relève du crime de lèse-majesté, la CGT assume cette responsabilité !