C’est le DGARH de Pôle Emploi qui a rencontré l’intersyndicale Sud, Cgt, Snu, Snap dans le
cadre de la grève, le 8 juin. Nous lui avons clairement signifié que l’absence du Directeur
Général à cette rencontre, du jamais vu, dénote d’un mépris pour les personnels en grève et
par ricochet pour l’ensemble des salariés de Pôle Emploi.
Tout en reconnaissant une très forte mobilisation des agents en grève « témoignant des
difficultés vécues », le DGARH comme à son habitude était dans le registre de la
« compassion » sur les conditions de travail des agents, mais comme à son habitude
également a tenté en vain d’en minimiser les motivations. Il a, pour cela, voulu établir une
corrélation simpliste entre les taux de grévistes de certaines régions (qui ont frôle les 50%)
et le déploiement totalement raté de Neptune. I
Ce qui, pour nous, est à la fois une contre vérité et un déni
des revendications portées dans ce mouvement de grève.
Les propos et positions défendues par le DGARH au nom du DG de Pôle Emploi sont
en complet décalage avec les attentes des personnels en lutte et dénotent surtout une
vision politique réduite à la plus simple expression : gains de productivité, efficience,
contrôle, réorganisation … ce qui est contradictoire avec les valeurs d’un service public :
solidarité, égalité de traitement, avec les moyens humains nécessaires pour rendre le service
aux usagers.
A vous de juger :
Précarité à Pôle emploi : Sur les renforts en effectifs et la titularisation de tous les CDD et
contrats aidés réclamés dans la plateforme intersyndicale, le représentant du DG de Pôle
Emploi indique qu’il n’envisage ni renforts ni plan de résorption de la précarité. Il reconnaît
au contraire que dans le cadre des premières réflexions sur le budget 2011 de Pole
Emploi, l’hypothèse de la baisse des effectifs « n’est pas écartée ». (Rappel : - 1,5% par
an sur 3 ans ; propos tenus par F.Fillon en lien avec le Plan de « rigueur » du gouvernement
et confirmés par C. Charpy dans la presse).
Plan Rebond : Quand nous demandons, dans le cadre du dispositif Rebond pour les
chômeurs en fin de droit (estimation entre 360 000 et 800 000 personnes concernées en
2010), quels moyens supplémentaires vont être mobilisés pour assurer le traitement des
dossiers et la réception des demandeurs d’emploi, le DGARH nous répond qu’il reconnaît
que cela va « générer un surcroît de travail mais que cela se fera à effectifs
constants ».
SMP : La direction confirme son refus d’abandonner le SMP, qui est pourtant intenable et
inefficace tant pour les personnels que les usagers. Selon le DGARH en complet déni des
réalités de terrain « dans les enquêtes réalisées, les demandeurs d’emploi apprécient
cette relation régulière avec Pôle Emploi » !!
Métier Unique : Sur le concept de Métier Unique, pilier idéologique de la fusion de l’ANPE
et des ASSEDIC en 2008, la direction dit confirmer son abandon. Le DGARH affirme que
la direction a changé de posture afin de « sécuriser les identités professionnelles pour
lever les angoisses et les inquiétudes légitimes, sources de mal être » pour les
personnels ». Mais dans le même temps, il nous confirme que deux séances de CCE
exceptionnels seront consacrées – au mois de juin - à l’Entretien Unique d'Inscription et le
socle commun qui réintroduisent la polyvalence
Projet de loi sur la libéralisation du marché du placement : (Chambres Consulaires) : Le
plus surprenant a été de constater que notre interlocuteur ne connaissait pas la position du
DG sur cette loi qui percute de plein fouet les missions de Pôle Emploi.
Ce projet de loi, visant à libéraliser totalement le marché du placement, est en cours
d’examen pour une deuxième lecture au Parlement..
Nous avons dû démontrer, à la direction, qu’il s’agit, sur le fond et la forme, de permettre à
toute entreprise de faire du placement une activité lucrative. Et ce, dans l’esprit de la
Directive Européenne Bolkenstein (rebaptisée depuis « Directive Services » !!) sur la
« concurrence libre et non faussée ». Cela aboutirait entre autre à la suppression de tous les
contrôles a priori ou à posteriori de l’Etat sur ces OPP et leurs activités.
Plan de Rebond, Plan de Rigueur, Métier Unique, Précarisation, Manque d’effectifs,
Dégradations des conditions de travail… La liste n’est pas exhaustive.
Nous savons toutes et tous que la crise économique n’est pas derrière nous, que le
nombre de Demandeurs d’emploi ne va malheureusement pas diminuer et qu’à partir du
mois de septembre comme tous les ans, de nouveaux demandeurs d’emploi vont venir
s’inscrire. Bien que reconnaissant la lourde tâche supplémentaire le DGARH avec aplomb
confirme la non attribution de moyens supplémentaires.
Tout ceci ne peut rester en l’état. Nos revendications sont légitimes.
Cette grève du 8 juin a un caractère particulier : elle s’inscrit dans un mouvement d’ensemble
(grèves locales, cahiers de revendications, actions auprès des parlementaires et de la presse
etc…). Pour preuve l’appel national a dépassé les frontières de l’intersyndicale nationale.
Dans certaines régions des organisations syndicales non signataires de cet appel au niveau
national nous ont rejoint dans les mouvements régionaux.
Les suites de cette grève :
Le 16 juin au Comité Central d’Entreprise nous exigerons des réponses claires à C.Charpy.
Nous ne sommes pas résignés,
Amplifions tous ensemble cette dynamique de luttes.
Retrouvons nous plus nombreux à la rentrée car nous avons décidé en
intersyndicale une mobilisation d’ampleur nationale que nous
proposerons à l’ensemble des organisations syndicales de Pôle Emploi.
