mardi 12 août 2008

Réponse au Canard Enchainé

Bonjour,

Vous avez le droit de ne pas aimer la CGT ANPE, ou bien la CGT tout court (dans ce cas nous pourrions même être d'accord avec vous sur certains points) mais faire croire que tous les syndicats de l’ANPE touchent des enveloppes pour accepter la fusion c'est méconnaître la réalité.

D'accord, votre "fond de commerce" est de tourner en dérision certains faits, voir d'en rajouter. Jusqu'à ce jour, nous avions la naïveté de croire que vous vérifiez les informations que vous diffusiez. A lire votre article intitulé : De l'huile sur la fusion ANPE-UNEDIC, nous nous apercevons que nous devrons dorénavant faire preuve de plus de discernement dans la lecture de votre journal.

Nous sommes indignés des amalgames que vous faites :

- toutes les organisations syndicales de l'ANPE ne sont pas opposées à la fusion et nous sommes loin de la quasi -totalité à laquelle vous faîtes référence puisque c'est moitié-moitié !¨Pour mémoire et pour votre gouverne ; Contre : SUD/FO/SNU/CGT Pour : CFDT/CFE-CGC/UNSA/SNAP-CFTC.
- parmi celles qui sont contre, certaines se positionnent plutôt dans un esprit de "désaccord non conflictuel".
- la référence à l'IUMM qui se veut amoindrir la pluie de cadeaux et de bienfaits citée dans votre article, est déplacée et méprisante pour la CGT ANPE.

Sur le fond de votre parution, je ne vois pas en quoi vous pouvez critiquer des jours de délégations supplémentaires, à moins que vous pensiez que le droit syndical est obsolète et/ou totalement inefficace.
Nous espérons bien continuer d'essayer de convaincre les collègues de résister et de refuser cette fusion qui est catastrophique.
- En premier lieu pour les privés d'emploi, ensuite pour des salariés puisque le nouveau "monstre" devra faire pression sur les salariés intérimaires ou sur les salariés ayant trop de périodes inactives.
- De plus, cette fusion participe à la casse de la Fonction Publique et au désengagement de l'Etat central sur la garantie de droits fondamentaux pour l'ensemble de la population qu'elle soit de nationalité française ou non.
-
Nous avons envie de rêver que nous pourrons convaincre une majorité des collègues de garder le statut public ce qui mettrait un véritable frein à la fusion et augmenterait les garanties des privés d'emploi. Ces quelques jours supplémentaires pourront nous aider en ce sens et représentent bien peu par rapport aux avalanches de communications éhontées et séminaires divers et variés mis en place par notre direction.

C'est bien de notre responsabilité syndicale de mener cette bataille d'idées -et oui nous savons bien que c'est un concept qui n'existe plus beaucoup - et si pour tenter de calmer le jeu auprès de certains syndicats la Direction générale de l'ANPE nous donne des jours supplémentaires (ce qu'elle aurait du faire plus tôt), nous saurons les utiliser pour contrer cette régression et non pas pour nous la couler douce au bureau ! Evidemment, si vous estimez que la disparition de l'ANPE et donc du Service Public de l'Emploi ne nécessite pas à minima un débat en interne, nous ne pouvons nous comprendre. En ce qui concerne la CGT ANPE, nous pensons même qu'il aurait fallu un débat public tant les répercussions dépassent largement l'interne !

Nous n'irons pas plus loin dans le détail de votre article, mais il est incroyable de constater que « 20 minutes » est plus honnête que vous ! Quelle tristesse !. Comme nous n'avons rien à cacher, nous vous joignons la note de la DG sur ces fameux moyens complémentaires dont la plupart ne sont que des remises à niveaux de l'exercice du droit syndical (ce que vous nommez cadeaux en nature dans le corbeille de mariage) qui auraient du être effectives depuis belle lurette !
Sachez également que nous n'avons encore pas décidé d'utiliser cette possibilité d'expertise pour une valeur de 300.000 euros à répartir entre les OS sous conditions que vous trouverez dans l'instruction en pièce jointe. Nous prendrons cette décision lors de la réunion de notre instance nationale de direction début septembre. Ce qui est certain c'est que nous ne demanderons à personne de mener une étude pour mettre en place la fusion.
Nous sommes bien sûr disponibles pour éclaircir certaines de nos positions et demandons un droit de réponse. Quoi qu’il en soit, merci d’accuser réception de notre message.

Cordialement,
Pour la CGT ANPE
Margot Undriener